Batman The Long Halloween

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Monsieur Nolan,

Je tiens quand même à vous remercier ; merci d’avoir remis Batman, mon personnage de fiction préféré, sur le devant de la scène. Merci d’avoir montré au grand public le côté sombre, sale et noir de ce super-héros qui n’en n’est pas vraiment un. Mais par contre, monsieur Nolan, je vais être franche avec vous, votre trilogie Dark Knight, elle pue grave du cul. Et plutôt que de troller sans fin face à une horde de fanboys déchaînés, j’aimerais que nous nous penchions ensemble sur ce chef d’œuvre de la littérature batmanienne qu’est The Long Halloween, dont vous avez vous-même avoué vous être inspiré (ce qui rend ma colère et mon incompréhension envers vos films d’autant plus vives).

The Long Halloween est donc un comics sorti en 1996, scénarisé par Jeph Loeb et dessiné par Tim Sale (best team ever, à mon humble avis). L’histoire se déroule au tout début de la « carrière » de Batman. L’idée de l’éditeur de l’époque était de rester dans l’univers de Batman Year One, de Frank Miller, un univers froid, brutal et corrompu. Là où Miller s’attarde sur le jeune lieutenant Gordon face aux flics ripoux, Loeb s’intéresse au procureur Harvey Dent et à son combat contre la pègre de Gotham, incarnée par le tout puissant parrain Carmine « Le Romain » Falcone. Quand, le soir d’Halloween, le neveu du Romain est assassiné, tout le monde pense à un règlement de compte. Mais d’autres meurtres suivent, le jour de Thanksgiving, de Noël, du Nouvel An… Le tueur, rapidement surnommé « Holiday », sème le doute et la peur dans une ville en proie aux gangsters et aux freaks.

Gordon, Wayne, Dent, "the Good, the Bad and the Ugly"

Gordon, Wayne, Dent, « the Good, the Bad and the Ugly« 

The Long Halloween, c’est l’amitié de trois hommes qui partagent le même idéal, mais que les choix et les méthodes vont entraîner vers des destins opposés. James Gordon, l’incorruptible, a choisi la voie de la légalité, de la lumière, mais aussi des limites à ne pas franchir. Bruce Wayne, motivé par la vengeance, opère dans l’ombre, masqué. Sa seule limite est sa propre moralité, celle qui l’empêche de devenir aussi fou que ceux qu’il traque. Harvey Dent, le prometteur homme de loi, ne croira bientôt plus dans le système qu’il a auparavant défendu, et substituera à toute notion de justice une simple pièce que l’on tire à pile ou face…

Bref, The Long Halloween est avant tout un roman noir, avec son intrigue policière, ses truands, ses héros acculés, ses femmes fatales. Voilà la profondeur que j’attendais de vos films, monsieur Nolan, pas forcément la même vision, mais au moins une vision, une interprétation personnelle, une âme, et non une succession de clichés de films d’action où se débattent des personnages creux et insipides. Si seulement votre trilogie était à la hauteur de l’interprétation époustouflante du Joker par Heath Ledger !

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J’espère, monsieur Nolan, que vous comprendrez que mon aigreur face à votre travail est surtout le fruit d’une intense déception devant la fade adaptation d’un univers par ailleurs d’une infinie richesse. Ne serait-ce qu’en restant dans la saga imaginée par le duo Loeb / Sale, je conseille aux fans du Caped Crusader, et aussi aux curieux, de se délecter de la suite directe de The Long Halloween, Dark Victory, du « spin-off » Catwoman When in Rome, qui éclaire le passé de la célèbre voleuse, ainsi que de Haunted Knight, qui regroupe trois récits sur la peur et la folie.

Voilà, Monsieur Nolan, je vous laisse profiter du succès de vos blockbusters, de mon côté je préfère retourner dans ma bat-bibliothèque.

Sans rancune.

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Girolle ascendant betterave, la Force Rose (Biomanus Roseus) s'épanouit dans les endroits sombres et humides, comme les salles d'arcade, les caves gothiques ou les bistrots du 11e.

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11 commentaires

  1. Excellent article! Mais je ne suis juste pas d’accord sur un point en ce qui concerne les films de Nolan. Certes, le personnage de Wayne est totalement transparent, mais la grande force de la trilogie reste les « méchants », sauf dans le premier opus. Chacun d’entre eux explore une des faiblesses de Wayne, qui n’en ressort jamais vraiment victorieux. Mais ce n’est que mon avis ^^! En espérant voir d’autres articles de cette qualité sur les comics.

  2. Dean Keaton 30/12/2012 Répondre

    C’est super de ne pas faire du politiquement correct, seulement il faudrait peut-être penser que la plupart des gens peuplant cette planète ne sont pas des « esthètes ».
    Remercier Nolan d’avoir rendu hommage au Batman et rajouter dans la même phrase que ses films sont mauvais c’est peut-être insulter les millions de gens qui ont aimé?
    Pour rendre Batman populaire il fallait peut-être vulgariser le propos non, donner envie au gens de se déplacer au cinéma? Aurait-il fallu avoir un un Batman par Almodovar pour « ressentir toute la douleur du Batman à travers le spectre clair-obscur blablabla blablabla »?

    Bref c’est bien de faire différent, mais vous partez en couille les gars.
    Et là je ne parle pas spécialement de Batman.Même les plus hardcore lacheront l’affaire si vous suivez cette direction.
    Enfin ce n’est que mon avis…

  3. Savonfou

    Je ne partage pas l’avis de Force Rose sur les films de Nolan, mais je ne me sens pas insulté quand elle affirme les trouver mauvais. Je me dis juste qu’elle a un avis différent.

  4. Dean Keaton 30/12/2012 Répondre

    Tout à fait d’accord sur le fait qu’elle est un avis différent, jusque là tout va bien. Mais quand on à un avis à faire passer il est préferable de ne pas utiliser certains termes orduriers. Si nous avions avait affaire à ce que la majorité appellerait une horrible bouse (Daïkatana-like) alors pourquoi pas, mais ici ce n’est pas le cas.
    Prière de faire attention de ne pas passer la ligne jaune et rentrer dans l’esprit de contradiction de façon systématique.

  5. En quoi est-ce insulter des gens de dire que les films qu’ils ont été voir sont de la merde ? Donc tous les films qui remportent un certain succès sont forcément bons ?

    Et ça vient d’où cette idée que la trilogie de Nolan (très mauvaise, au demeurant) serait inattaquable ? Qui l’a décrété ? Vous ?

    • Dean Keaton 31/12/2012 Répondre

      Non, tu n’as pas compris mon propos. Le débat n’est pas de savoir si un film qui remporte du succès est attaquable ou pas, évidemment qu’il l’est. Ce serait ridicule de penser le contraire. Seulement dans ce cas là on n’attaque pas en trois mots sans argumenter son avis.
      Maintenant imagine qu’au lieu d’argumenter la réponse à ton propre post je me contente de:
      « monsieur Chris, je vais être franche avec vous, votre post, il pue grave du cul ».
      Tu trouves ça toujours constructif? Oui, non, ne se prononce pas?

      Je pense toujours ; naïvement peut-être ; que ce ZQSD pourrait être autre chose qu’une simple copie de se qu’on peut lire ailleurs. On peut pardonner certains errements à des gens « lambda », mais pas à vous avec le nom qui vous suit.
      C’est parce que je vous aime que je me permet de vous dire ça, si vous disparaissez dans les limbes c’est vingt quatre ans d’un certain « esprit » qui disparait avec vous.

      • Walou

        Comme on l’a dit dans l’édito, ZQSD, c’est pas Joystick sur le web, hein. C’est juste un gros blog pour qu’une bande de potes qui a bossé sur Joy puisse écrire quelques trucs quand l’envie lui en prend. On n’entend pas établir des vérités universelles, juste donner notre avis (pour ce qu’il vaut…). Force Rose n’aime pas Nolan, c’est son droit le plus strict. Ça n’empêche pas sa trilogie d’être un chef d’œuvre. Enfin je crois. Il parait. Je l’ai entendu dire. Même si j’ai pas vu le 3. Et que je me suis endormi à la moitié du 2. Et que j’ai pas aimé le 1. À ma décharge, j’ai fort mauvais goût.

  6. J’ai l’impression de revenir au débat adaptation/retranscription… Je trouve ça bien dommage de comparer deux oeuvres qui ne font finalement qu’utiliser le même héros, Nolan n’a jamais voulu adapter UN comics en particulier.

    • Force Rose Author
      Force Rose 03/01/2013 Répondre

      Je les compare parce qu’on trouve dans le second film, the Dark Knight, des scènes entières semblables à The Long Halloween, et donc forcément quand on a lu le comics ça devient difficile de ne pas comparer. Mais je suis d’accord sur le principe de l’adaptation, et c’est là où justement j’attendais Nolan au tournant : j’aurais aimé qu’il propose sa propre vision de l’univers de Batman, comme Burton avant lui, voire même Schumacher et ses « Batman à la Gay Pride », et au final c’est là que j’ai été le plus déçue. Pour moi ses Batman ne sont que des blockbusters parmi d’autres…

  7. Verbal Kint 08/01/2013 Répondre

    Ouaaais à fond! Et ce long Halloween n’a rien à envier à sa suite, Amère Victoire. Même si je préfère les oeuvres de Frank Miller (Année Un, Dark Knight Returns), ce diptyque fait également partie de mes comics préférés de la chauve-souris (ajoutez encore le terrible Killing Joke et je suis repu).
    J’aime bien les films de Nolan, mais ils ne sont pas exempts de défauts. Le personnage de l’Épouvantail est sous-exploité dans Begins, alors qu’il a un potentiel aussi effrayant que le Joker. Quant à Bane, il n’a plus rien à voir avec le vilain du comic, même celui de Batman & Robin y ressemblait plus pour le coup. Pas d’intoxication au Titan, pas de masque de lutteur, et ça c’est sans compter les petites libertés à propos de ses origines et de sa relation avec Talia Al-Ghul (qui donne un fils à Bruce Wayne dans le comic, quand même!).

    PS : Mention spéciale à ton pseudo, Dean Keaton.

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