Crysis 3 : les blagues les plus courtes sont les moins bonnes

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Après avoir subi la cinématique de fin de Crysis 3, je me suis immédiatement posé cette question : que s’est-il passé chez Crytek pour en arriver là ?

Au début, j’y ai cru : après une première courte mission d’un classicisme absolu (sérieusement, combien de FPS commencent leur campagne par une séquence de nuit sous la pluie ?), Crysis 3 a réussi à me décrocher la mâchoire en un plan : lorsque le sas s’ouvre et que l’on découvre un New York mangé par la végétation, un cerf s’éloignant au loin. J’ai exulté, persuadé que ce monde post-apo sublime allait me happer pendant une demie-douzaine d’heures. Oui, Crysis 3 est, par moment, d’une beauté saisissante. Mais pas tout le temps, loin de là.

Entendons-nous bien : le Cry Engine 3 fait le taf comme il faut et les gens de Crytek sont d’excellents techniciens, rien à dire là-dessus. Mais, passé l’émerveillement de quelques scènes (en vrac : une visite de nuit dans un Chinatown délabré, une balade en haut d’un barrage gigantesque), j’ai la sensation que Crysis 3 souffre d’un manque d’âme gênant, que tous les effets de particules et jeux d’ombres ne parviennent jamais à faire oublier. Pire : au bout d’une heure, j’ai décroché, avec l’impression tenace d’évoluer dans un décorum de théâtre hyper-réaliste. La faute à qui, à quoi ? Trop de choses, malheureusement.

Et dire que ce paysage saisissant ne sert finalement qu'un FPS petit bras...

Et dire que ce paysage saisissant ne sert finalement qu’un FPS petit bras…

Je pourrais gratter trois paragraphes à critiquer la narration, qui s’attelle durant quatre heures à nous désintéresser totalement du destin de Prophet, à ces dialogues risibles que même le Chuck Norris de Portés Disparus n’oserait déclamer ou encore au feeling improbable des armes, qui offrent un remake très convaincant de La Mouche qui pète, mais ce serait accorder trop d’importance à des aspects qui ont été totalement méprisés par les développeurs. Que reste-t-il de cette débandade ? Un arc badass qui, effectivement, procure un plaisir primaire et ramboesque dans son utilisation, mais s’avère totalement cheaté. Combinez le avec l’invisibilité et vous vous retrouvez face à une promenade de santé qui ferait passer un séjour à Center Park pour une reconstitution de la bataille de Verdun.

La mission sur le barrage : c'est beau,pas trop chiant. Un des meilleurs moments du jeu (sic)

La mission sur le barrage : c’est beau,pas trop chiant. Un des meilleurs moments du jeu (sic)

Mais j’ai continué à jouer malgré tout, m’accrochant naïvement à l’espoir que les choses iraient en s’arrangeant. Las, la dernière partie tombe dans une platitude encore plus absolue, déroulant des scènes de shoot sur rail faiblardes et des QTE au clavier insupportablement vains. Oui, je suis amer, mais comprenez moi : j’espérais candidement que Crysis 3 allait m’offrir ce que j’attendais d’un FPS maîtrisé, développé par une équipe censée connaître son boulot.

Mesdames et messieurs de chez Crytek, je vous le dis très simplement : vous avez sacrément chié dans la colle. Mais la faute est elle à imputer intégralement au studio allemand ? Est-ce qu’Electronic Arts, qui s’attache ces derniers temps à détruire méthodiquement ses IP (Dead Space, Medal of Honor, Sim City, c’est vous que je regarde), n’est pas en partie responsable ? Peut-être, peut-être pas. D’ailleurs, au final, on s’en fout : dans le genre pétard mouillé et licence gâchée, Crysis 3 se pose là, et c’est bien tout ce qui compte.

Le pire pour lui, c’est qu’il débarque entre Far Cry 3 et Bioshock Infinite, œuvres autrement plus ambitieuses, qui ont encore quelque chose à dire. Dans tous les cas, la nouvelle politique de Crytek, qui consiste à foncer tête baissée dans le free-to-play, est peut-être ce qu’on pouvait espérer de mieux. Au moins, nous n’aurons plus à claquer 50€ pour essayer leurs jeux.

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La légende dit que le Jika fut invoqué pour permettre aux habitants d’un village normand du XIIIè siècle de retrouver leur fécondité perdue. Certains pensent connaître la vérité derrière la légende de celui que l’on nomme parfois Chibre Optique ou le Python de Maisons Alfort, mais peu savent vraiment. En attendant une révélation, le mythe perdure.

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2 commentaires

  1. Franchement on s’en doutait un peu que Crysis 3 serait comme ça, sufisait de voir la direction prise avec Crysis 2 ou encore observer ce qu’il c’était passé avec la licence DeadSpace (bien qu’il ne s’agisse ni du même genre ni du même studio) …
    Le 3ème épisode marque la fin de la série, et le 4 débuterait un nouveau scénario d’après les infos sur le net… Reste à espérer que sa recommencera pour le mieux.
    En tout cas c’est un jeux à prendre mais a bas prix juste pour le coté graphisme « plein la vue » :) !

  2. darklinux 14/03/2013 Répondre

    Pourquoi ne pas parlé du coté benchmark loupé ? c ‘est tout sauf un jeu qui fait vrombir une GTX 690 ou une GTX Titan ( qui elle est une blague ) , bref j ‘ en reste à mon Unrel Tournament 3 .1

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