Dark Quest : il n’est pas un héros

Cette illustration m'en rappelle définitivement une autre, mais j'arrive pas à remettre le doigt dessus.

Cette illustration m’en rappelle définitivement une autre, mais je ne saurais pas dire laquelle.

Je vous préviens, je vais être magnanime. Ca va pas être tout de suite évident, mais promis, à la fin du papier, vous verrez que je suis pas le mauvais bougre. C’est pourtant pas trop mon genre, mais cela faisait tellement longtemps que j’attendais une déclinaison sur iOS du bon vieux HeroQuest que je ne vais pas trop faire le difficile.

Parce que pour le coup, Dark Quest n’est pas qu’un héritier de l’antique jeu de plateau : c’est un véritable clone, une copie conforme, voire, si j’osais (et je ne serais qu’à moitié étonné que les avocats de Games Workshop osent, eux), un plagiat. Et vas-y que je reprend les illustrations telles quelles, le bestiaire, le moindre meuble… tout y est. Tout, ou presque. Mais avant de rentrer dans les détails, laissez-moi vous rappeler ce qu’était HeroQuest.

Les portes, les bibliothèques, les déplacements en case-par-case et en tour-par-tour : comme au bon vieux temps.

Les portes, les bibliothèques, les déplacements en case-par-case et au tour-par-tour : comme au bon vieux temps.

Dans ce jeu de figurines qui sent bon le début des années 90, chaque joueur incarnait un héros (barbare, nain, sorcier et elfe) dans un donjon que dévoilait progressivement un maître du jeu. Car si le plateau était toujours le même, les plans des pièces étaient à chaque fois différents, consignés dans un précieux petit livre des quêtes. Bref, c’était une parfaite initiation au jeu de rôle et accessoirement, le seul jeu Games Workshop qu’on pouvait pratiquer sans avoir à contracter un prêt étudiant.

Le côté dongeon-crawler casu, pas de problème, on le retrouve à l’identique, et ça fait un bien fou. En fait, la principale différence entre Dark Quest et HeroQuest, c’est qu’ici, on joue seul, dirigeant les trois héros (l’elfe a visiblement déconné lors du casting), tandis que l’IA se charge de faire le maître du jeu. Ce qui est plutôt chouette, c’est que, n’étant plus dépendant d’un plateau immuable, les donjons sont tous radicalement différents. Ce qui l’est beaucoup moins, c’est que l’IA est complètement naze, archi-prévisible, et qu’il est possible de hacher menu n’importe quelle vague d’ennemis, aussi importante soit-elle, tant qu’on a un peu de méthode.

Hou, la fausse bonne idée que voilà!

Hou, la fausse bonne idée que voilà!

Ajoutez à ça quelques soucis d’ergonomie (le système de leader et de déplacements des persos, aberrant), et vous aurez saisi que Dark Quest n’est pas l’adaptation rêvée. Malgré une apparence tout à fait pro, le jeu surprend souvent par des choix très bancals, quand par exemple il fait intervenir très (trop) souvent le MJ pour distribuer nombreux malus et rares bonus, un peu en dépit du bon sens. Nul besoin d’être Richard Garriott pour voir là une fausse bonne idée qui n’aurait pas dû survivre au premier play-test.

Et pourtant, il y avait matière à s’amuser, et à innover. Ainsi, entre deux quêtes, on passe par la case « village », où l’on peut s’acheter quelques sorts, un peu de stuff (je vous conseille le bouclier, qui transforme le nain en tank virtuellement invincible), ou s’offrir une bonne nuit de sommeil. Mais tout ça est sous-exploité, et de toute façon trop court, puisqu’on voit le bout de l’aventure au bout d’une demi-douzaine de quêtes.

Vous vous rappelez, quand je vous parlais de méthode pour butter les monstres facilement? Ben, c'était pas celle-là.

Vous vous rappelez, quand je vous parlais de méthode pour butter les monstres facile ? Ben, c’était pas celle-là.

Mais comme je vous le disais, je vais être magnanime. Malgré la relative déception, retrouver brièvement les sensations de mon HeroQuest chéri aura suffi à illuminer une paire de mes après-midis. C’est propre, c’est plaisant, et pour 89 centimes, c’est une madeleine de Proust tout à fait comestible. Maintenant, si le développeur pouvait améliorer l’IA et permettre à tout un chacun de créer et de s’échanger ses propres donjons, peut-être que Dark Quest pourrait devenir autre chose qu’un fugace trip rétro pour trentenaire désœuvré.

Télécharger sur : Google Play (0,89€ ; 1,79€) – iTunes (0,89€ ;  1,79€)

EDIT 25/04/13 : à la suite de la hausse du prix, la question de la durée de vie se fait plus décisive encore. Gardez bien à l’esprit que Dark Quest ne propose qu’une demi-douzaine de missions à l’heure actuelle, et ne bénéficie pas forcément d’une grosse rejouabilité.

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Walou

Né d'un père ostréiculteur en baie de Saint-Brieuc et d'une mère capable de finir Super Mario Bros 3, Walou s'est échappé des geôles de Ouest-France pour échouer dans celles de la presse jeu vidéo. Il découvre les blogs en 2012, et projette de partir à l'assaut de MySpace d'ici 2078.

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3 commentaires

  1. Pas mal ! Sinon dans le délire rétro, j’étais tombé sur ce formidable Dungeon Crawler qu’est Quest Lord –> http://www.questlord.com/ . Ça pisse pas bien loin mais ça ravira assurément tous les vieux cons, dont je fais partie (enfin… juste pour la partie « con »)

  2. Papayouki 25/04/2013 Répondre

    Il a suffit d’un article sur zqsd pour que le prix double. 1,79€sur le google play.

    • Walou Author

      Ainsi que sur iTunes… Visiblement le développeur a du mal à se décider : le jour du lancement, c’était 2,69€. Je corrige.

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