DmC : le beat’em all al Dante

Avant de commencer, je tiens tout d’abord à dédier ce texte à cet escroc de vendeur d’une boutique boulevard Voltaire qui, en 2001, avait essayé de me vendre un pack PS2 + Devil May Cry 50€ plus cher qu’à côté, sous prétexte qu’il était le seul à avoir encore le titre de Capcom en stock.

Il faut dire qu’à l’époque, Devil May Cry était un des rares system sellers de la console et permettait enfin aux premiers acheteurs de jouer à autre chose que Tekken Tag Tournament ou Fantavision. Mais bref, je suis surtout ici pour vous parler de ma relation avec la série qui, en dehors du premier épisode, m’est toujours un peu passée au dessus de la tête. Trop consoleuse, trop hardcore, trop typée production jap’… Il y’a sans doute un tas de raisons toutes personnelles qui font que Devil May Cry est à peine une licence que je respecte et à l’égard de laquelle j’éprouve au mieux une indifférence polie. Et pourtant, j’ai acheté ce cinquième épisode, en bon maso que je suis. Bon, ok, je l’ai payé 15€, via une combine douteuse que je vous donnerai très certainement lors du prochain podcast (nd Walou : si tu ne finis pas en prison d’ici là!)… Et le plus surprenant, c’est que je me suis globalement éclaté.

Sans spoiler quoi que ce soit, sachez que ce boss est dans doute un des plus géniaux du jeu

Sans spoiler quoi que ce soit, sachez que ce boss est dans doute un des plus géniaux du jeu.

« Éclaté », voilà un terme qui pourrait paraître un brin réducteur et désuet, mais pourtant approprié, puisque DmC est avant tout un jeu extrêmement fun. Moi qui déteste le beat’em all trop punitif et exigeant (j’aurais vraiment voulu aimer Bayonetta, vraiment), j’ai pris un pied incroyable à faire danser Dante et à pourfendre tout un tas de démons dégueulasses. Dans quel but ? Bonne question. Au bout d’une heure de jeu,  le scénario m’a semblé si peu intéressant que je faisais déjà autre chose pendant les cinématiques.

On y parle vaguement des origines de Dante, de monde parallèle (les Limbes) et de lutte contre un démon qui maintient la population dans une léthargie supposée bienveillante. Mais, pour tout vous dire, j’ai trouvé que tout ça se prenait beaucoup trop au sérieux, alors que la séquence d’intro – où un Dante à poil fait des bonds dans tous les sens et s’habille intégralement avant même de toucher le sol – laissait entrevoir une mise en scène et des dialogues pleins de second degré qui auraient pu gentiment égratigner les codes de la série. Au lieu de ça, on se retrouve devant un héros qui lâche timidement quelques punchlines trop sages, face à des boss excessivement vulgaires qui passent leur temps à traiter en boucle la mère du héros de catin, et finissent par perdre toute personnalité.

En revanche, cette mauvaise écriture est rattrapée par une putain de direction artistique, qui s’éloigne du trip gothique d’origine pour afficher des paysages urbains déformés par les limbes, se tordant et s’effondrant sous les pas du héros. Régulièrement, on se surprend à  arrêter de marteler le pad, juste pour admirer le paysage et le boulot impeccable des artistes de Ninja Theory. Il faut dire que le studio a toujours montré un certain talent en matière d’esthétisme : Heavenly Sword et Enslaved, malgré d’énormes défauts, faisaient preuve d’un remarquable travail visuel.

La perte de repères dans les décors, souvent urbains, est une des grande réussite de DMC

La pertes de repères dans les décors, souvent urbains, est une des grandes réussites de DmC.

Mais on ne va pas se mentir : DmC existe avant tout pour satisfaire nos pulsions meurtrières, notre envie irrépressible de combos, notre onanisme vidéoludique. Là-dessus, le jeu fait preuve d’une double casquette extrêmement intéressante : il reste tout à fait abordable pour les joueurs casu’ de beat’em all (dont je fais partie), qui n’ont pas envie de mourir à répétition devant un boss coriace et qui se foutent pas mal d’optimiser le moindre combo ; mais propose tout de même une vraie technicité pour les esthètes de la tatane. Moyennant un minimum de skills, on peut demander à Dante d’enquiller une attaque à la faux, puis flinguer trois harpies en plein vol, balancer un coup de poing enflammé dans la face du démon restant au sol, avant de repartir à l’assaut d’une saloperie volante en se propulsant avec son fouet.

La grosse demi-douzaine d’armes proposée est utilisable à volonté et instantanément, et l’on se surprend très vite à tirer parti de chacune d’entre elles, avec la classe et le naturel d’un Hoopy en pleine impro’ sur la culture naturiste du cannabis. Malgré le level design assez plan-plan des missions (en gros : des couloirs, une grande salle bourrée de monstres, quelques plateformes et d’autres couloirs), on les traverse avec un plaisir renouvelé, grâce aussi à un bestiaire qui s’étoffe un peu plus au fil des heures et un arsenal de capacités à débloquer.

Cette hache de brutasse serait votre meilleure alliée contre les ennemis équipées de bouclier. Du moins au début..

Cette hache de brutasse serait votre meilleure alliée contre les ennemis équipées de bouclier. Du moins au début.

Je pensais donc que DmC allait se contenter de me renvoyer auxs vagues bons souvenirs que j’avais du premier épisode, mais il a fait bien plus : il m’a rappelé que rien ne vaut un bon vieux beat’em all pour se prendre pour un dieu du pad, surtout quand celui-ci est aussi équilibré et bien pensé. Certes, DmC n’est sans doute pas le jeu du siècle, ni de l’année, mais il fait partie de ces titres qui ramènent le jeu vidéo à son état premier : un pur produit de divertissement. N’en déplaise à David Cage.

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La légende dit que le Jika fut invoqué pour permettre aux habitants d'un village normand du XIIIè siècle de retrouver leur fécondité perdue. Certains pensent connaître la vérité derrière la légende de celui que l'on nomme parfois Chibre Optique ou le Python de Maisons Alfort, mais peu savent vraiment. En attendant une révélation, le mythe perdure.

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3 commentaires

  1. Bon article, j’ai bien apprécié le jeu également, mais malheureusement, le jeu est moins technique que les autres DMC. Je ne remets pas en cause ton niveau de gamer, mais comme tu le précises toi-même, tu es plutôt amateur de BTA qu’expert. Et ce DMC m’a un poil déçu car son système de combat n’est justement pas assez technique, cela se note dans d’infimes détails.
    Mais en dehors de ça, j’ai pris un pied monstre avec ce jeu, juste Mundus qui était vraiment merdique comme boss, mais le reste c’était bien, et la direction artistique est vraiment bluffante.

  2. Je suis dans le meme cas…
    J’ai eu beaucoup de mal à suivre ou m’interesser aux precedents opuces. Cependant celui-ci m’a beaucoup marqué de pars son design et sa simplicite a enchainer les combos, meme si on aurait souhaiter un Dante un peu plus « vulgaire » et electrique.
    Les démons deviennent finalement plus interessant a suivre que notre protagoniste.
    En attendant le DLC de Vergile, je peux conclure qu’il s’agit pour moi du meilleur opus de la série ! :)

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