Final Fantasy XIV : Sont beaux mes chocobos !

Le saviez-vous ? L’expression « faire un four », datée de 1690,  nous vient du joyeux monde du spectacle et signifie « subir un échec » ; en référence à la salle de spectacle éteinte et « noire comme un four ». Si j’étais un boulanger 2.0, je ferais mon pain dans Final Fantasy XIV, parce qu’avouons-le : on a rarement vu four aussi beau !

– Monsieur ! Avez-vous vu que depuis hier, vous pouviez vous inscrire à la bêta de FF XIV ?
– Euh… Non.
– Ce n’est pas la première fois qu’il sort, vous savez.
– …
– Permettez que je vous raconte tout ça ?
– Z’êtes qui au juste ?
– Donc tout a commencé fin 2010…

A cette date, j’ai été témoin de l’un des spectacles les plus navrants qui m’ait été donné de voir. Alors que je bossais tranquillement à écrire comme d’habitude une montagne d’idioties, j’ai vu débarquer dans mon quartier une petite troupe de Japonais qui voyageaient au rythme lent du cataclop d’un chocobo fatigué. Curieux, pressé mais pas sportif, je dévale les ascenseurs quatre à quatre et apprends que j’ai en face de moi la team « responsable » de Final Fantasy XIV, sorti quelques mois plus tôt. « Responsable » est un vilain mot : on aurait dit qu’ils avaient commis un crime, les pauvres. Et de fait, aux yeux d’un tas de fanboys, c’était le cas.

FINALFANTASY_XIV_20
Pour vous la faire courte, FFXIV c’est un peu le Titanic du MMO. Sur le papier, il avait toutes les cartes en main pour devenir le nouvel enfant chéri des insomniaques shootés aux nymphettes fluos, celui qui ferait pleuvoir durablement l’argent dans les caisses de Square Enix. Mais non. Son échec fut lamentable. Des problèmes serveurs à la pelle, un lag digne des services postaux du XIIème siècle, une ergonomie pensée pour les poulpes et un système de quêtes aussi divertissant qu’un emploi dans une usine Apple chinoise, auront définitivement raison de lui. A sa sortie, FFXIV reflétait parfaitement une industrie du jeu japonais restée coincée dans le passé. Ses développeurs n’avaient probablement pas joué à un MMORPG depuis FFXI, et ça, le public ne pouvait pas le pardonner.

Voilà comment les têtes pensantes du projet se retrouvaient au pied de mon immeuble. Rock stars de l’échec, ils s’offraient une tournée mondiale pour se confondre en excuses, accordant à tous les journalistes de la planète des interviews pour dire que oui, ils s’étaient plantés, que oui ils avaient honte, que oui il se ressaisiraient, mais que quand même, on pouvait leur jeter des tomates si on en avait sous la main. A une époque plus raffinée où le seppuku tenait lieu de remède miracle à toutes les maladresses nippones, on leur aurait simplement demandé de se planter un wakishi dans le bide. Merci, au revoir. Croyez-moi, ça aurait été plus facile que de reprendre tout le jeu de zéro. Quoi qu’il en soit, après quelques licenciements et un déluge de patchs cache-misère, le 11 novembre dernier, Square met fin à des mois de coma artificiel : les serveurs ferment.

Frapper un homme à terre, c’est pas ma came. Puis j’en ai pas envie. Le jeu était indéniablement pourri de défauts, mais il avait aussi quand même pas mal de bonnes idées noyées sous un vaste océan de problèmes essentiellement techniques. Après quelques semaines de mort clinique, il parait que le FF nouveau est prêt. Interface, architecture serveur, moteur graphique, events aléatoires, PvP… Tout a été refait, ou du moins… occidentalisé. En gros : on va se cogner une interface comme en ont tous les autres MMORPG, des events à la Guild Wars 2 (même si à mon sens on sera plus proche d’un Warhammer Online en mode PvP 0 calorie), le tout sur des serveurs qu’on espère enfin acceptables. Ah oui, on pourra même sauter, dingue non ? Alors comprenez, mon enthousiasme fait un peu l’école buissonnière. Peut-être me trompe-je, mais c’est pas une renaissance, ça. Ça m’a tout l’air d’une remise à niveau pour obtenir un truc simplement décent. D’accord, le système de jobs et l’univers FF pourraient hisser le titre un peu au dessus de la moyenne. Mais le pari est quand même risqué. Des jeux tout à fait honnêtes qui se sont plantés, il y en a des légions.

Du coup une question me taraude : pourquoi avoir fait tout ça ? Pourquoi sauver FFXIV ? Pour l’argent ? Pour regagner un peu du prestige perdu par la licence ? Perplexe, je suis. A l’heure actuelle, Final Fantasy XIV, c’est un peu le caillou coincé dans le soulier Final Fantasy, celui qui n’a rien à foutre là. Mais un échec, ça arrive. Un double échec en revanche serait beaucoup plus difficile encaisser pour les développeurs. Si le jeu n’est toujours à la hauteur des blockbusters AAA du genre, il laisserait à penser que le succès passé de FFXI tenait plus du hasard que du savoir faire de son studio en matière de MMORPG. M’enfin bon… Là je vends un peu la peau du chocobo avant de l’avoir monté parce qu’au fond, tout ce que je voulais vous dire, c’était de vous inscrire à la prochaine bêta de Final Fantasy XIV : A Realm Reborn qui devrait se lancer sous peu. Promis, je vous en touche deux mots dès que j’y accède, on verra si la roue a tourné !

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Hoopy

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Lucky fut son nom de baptême joystickien jusqu'à ce que Dame Chance ne le foute sur le trottoir par caprice. Depuis revenu à l'état sauvage, le Hoopy arpente l'internet et les bars dans l'attente de ce jour pas si lointain où, enfin, les boeufs guerriers prendront le contrôle de la planète.

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15 commentaires

  1. De mon point de vue, cette « remise a plat » n’est la que pour préparer leur prochain projet MMO.
    Ne pas avoir fait ceci, et basculer directement sur un nouveau projet aurait certainement eu un fort impact sur la publicité d’un plausible futur projet. En faisant ceci, il s’accorde une certaine forme de joker « On s’est foiré mais on a fait ce qu’il fallait pour que ce soit mieux ».

  2. Techniquement, FFXI a été un succès limité, bien que très rentable pour SE, il n’a jamais vraiment dépassé le million de joueurs et n’était plus considéré comme un AAA à sa sortie mais plutôt comme un jeu de niche, un très bon jeu de niche ^^

    Les raisons de cette entreprise risquée sont simples : L’image de la boîte a été sacrément écornée par l’échec de FFXIV et les reproches sur FFXIII (mérités ou non). Quand un titre de leur série la plus prestigieuse se ramasse comme un débutant au premier cours de course de chocobo, ça fait mal, très mal, alors que faire?

    -Abandonner le projet et laisser un trou qu’on espère oublier rapidement ? Probablement le moins cher mais on en parlerait encore pendant des années et le trou serait toujours là.

    -Le refaire, montrer qu’ils savent reconnaitre leur erreur, l’assumer (rare chez les japs) et faire la prouesse de transformer l’une des pire release de l’histoire des mmorpg en un mmorpg ayant les caractéristiques du marché actuel ? Couteux, risqué mais, en cas de réussite, le risque serait payant.

    Ils ont fait le pari du risque, tant pour l’honneur que pour la possibilité d’une prouesse inégalée (et accessoirement un retour sur investissement, faudrait pas les faire passer pour des saints non plus :p )

    Le temps nous dira si c’est payant ou non mais,ce qui est sûr,c’est qu’ils ne pourront pas faire pire ;) (D’ailleurs, pour la première version, ça a été confirmé qu’ils n’avaient pas rejoué à des mmo depuis FFXI ^^’)

    Pour avoir suivi le jeu et joué depuis son alpha de mars 2010 (ça a été dur pendant un bon moment mais j’étais curieux de voir comment ils allaient le revoir ^^’) , j’ai pu suivre toute son évolution et ,sincèrement, même si les patchs n’ont pas été non plus des révolutions, la plupart étaient plus que des cache-misères au point qu’à la fermeture des serveurs de la V1, le jeu avait enfin atteint une qualité bien correcte qu’on aurait aimé avoir à la release. Sachant qu’ils bossaient en parallèle sur la nouvelle version, c’était pas si mal ;)

    Si Final Fantasy XIV : A Realm Reborn n’était qu’une simple remise à niveau, on serait déjà en train d’y jouer…une remise à niveau ne casse pas tout pour tout reconstruire sur des bases plus saines, ça aurait été plutôt ce qu’on a eu pendant toute la première version : on garde ce qu’on a, on modifie deux trois trucs, on rajoute quelques contenus par ci par là et ça tiendra…peut-être… Bien entendu, question de point de vue ;)

  3. FF XIV, je l’ai installé, j’ai allumé le jeu, j’ai crée mon personnage, j’ai regardé sa cinématique d’introduction, je me suis baladé dans le premier village, je suis sorti, j’ai éteint le jeu, je l’ai désinstallé, je l’ai insulté de tous les noms.

    Pourtant, je crois fermement en ce FF XIV ARR.
    Le jeu doit, au moins, être un bon jeu; si les joueurs ne se sentent pas satisfait, il va, forcément, y avoir de la casse chez Square Enix. C’est simple, ils ne PEUVENT PAS ne pas faire un bon jeu.

    Et, les retours des joueurs alpha semblent plutôt satisfaisant ! Beaucoup de clin d’œil aux anciens FF, des améliorations réelles, des possibilités plus grandes, plein de choses à faire… Je m’interroge, je veux voir mais j’y crois quand même. Du coup, vivement les prochains articles.

  4. Ils n’ont pas froids aux yeux chez SE… Avec tout les gros mmorpg actuels, comment peuvent-ils croire que leur FF14 va reprendre du poil de la bête, même avec une refonte du jeu.

    Bien sur il y aura toujours les pro FF pour retourner dessus mais pour les autres, je suis pessimiste. :x

    Enfin je vois ça comme ça…

    Dommage qu’a la place ils ne développent pas un super FF15 solo sur pc.

    Ou pourquoi pas un petit FF7 ou FF8 reborn ! :D

    Bon ok c’est pas le sujet.^^

  5. Désolé de casser l’ambiance, juste pour signaler une faute d’orthographe :

    « Si j’étais un boulanger 2.0, je ferai mon pain dans Final Fantasy XIV, parce qu’avouons-le : on a rarement vu four aussi beau ! »

    Il aurait fallu écrire « je ferais » avec un « s » à la fin.

    • Walou

      On est tellement 2.0 qu’au lieu d’embaucher un SR, on crowd-source la correction de nos papiers. Merci!

  6. Même si, vu que le conditionnel est le futur du passé, et que donc on se trouve dans la postériorité par rapport au repère, écrire un futur simple au lieu d’un conditionnel est une faute qui est largement excusable et compréhensible. Haha.

  7. Walou => You’re welcome ! Et au passage, bonne chance avec la suite pour ZQSD, vos articles sont d’excellente qualité et méritent amplement le succès. signé : un lecteur de Joystick depuis plus de treize longues années (et oui, les pokes et peek me rappelaient ma tendre enfance).

  8. Kizito : si le conditionnel était systématiquement le futur du passé, il ne serait plus vraiment conditionnel (mais plutôt con-séquentiel).

  9. Meduz’ => Il ne l’est pas systématiquement, ni con-séquentiel d’ailleurs. Exemple :
    « Pourrais-tu me passer le sel ? »

    Juste que dans l’article, c’est bel et bien le cas.

    Loin de moi l’idée de penser que le conditionnel ne sert qu’a exprimer le futur du passé, c’était l’un des sujets d’un examen que j’ai passé il y’a 1 semaine, me force pas à ressortir mon cours haha :D

  10. Non mais on pourrait (note le conditionnel) en débattre à l’infini, et au-delà. « Pourrais-tu me passer le sel ? » dégouline de déférence et abuse de politesse, tout comme « Aurais-tu l’amabilité de me passer le sel ? », les deux sous-entendant la condition « si j’en exprimais le souhait avec toute l’expression de ma gratitude par l’échange de nos fluides réciproques ».

    Et là, avec ton cours et ton examen de la semaine dernière, permets-moi hautainement de l’affirmer : tu t’es bien fait pourrir la gueule !

    Bonne nuit ! (Tout le monde a compris que j’étais mort de fatigue, je crois :s.)

  11. Hoopy Author

    Pour ou contre le conditionnel ? Telle est la question !

  12. Le conditionnel n’est le futur du passé que dans des cas super extrêmes, ou en tout cas hyper-archi-complètement-super rares ! L’exemple type est « Je pensais que vous viendriez le lendemain » qui se vérifie être le futur du passé en le transposant au présent : « Je pense que vous viendrez me voir demain ».

    Dans le cas qui nous concerne, “Si j’étais un boulanger 2.0, je ferai(s!) mon pain dans Final Fantasy XIV, parce qu’avouons-le : on a rarement vu four aussi beau !”, on est dans la CONDITION totale, qui a très justement donné son nom au temps qui nous intéresse. Aucune trace de temporalité ici puisque nous sommes dans la supposition (et le fantasme. Le fantasme suppositoire ?)

    La discussion la plus chiante du mondement vôtre.

    Bise.

  13. Salut, je ne suis pas d’accord avec vous, mais n’ai pas l’envie de me lancer dans cet éternel débat, de plus, c’est triste de faire dévier les commentaires d’un article si intéressant sur un sujet aussi éloigné.
    Gentlemen, bonsouère :-)

  14. Bon et bien pour avoir fais FF XI, FF XIV (V1) et étant de retour sur la beta de RR, et bien après avoir fais la beta3.1 (et toute depuis) je reconnais … avoir preco le collector physique :), certes certain aspect du XI me manque (chocobo chocobo) même si beaucoup avais lâché cette aspect !
    Que dire sur l’évolution … et bien c’est un tout nouveau FF XIV tout simplement, loin de mes souvenir la V1, bay bay le navet et bonjours le presque parfait RR. Je suis conquit tout simplement.
    Pour les retissent ou craintif (surtout ceux qui on connu la V1) honnêtement il ne vous cout rien de participer à l’open :) et je pense que bcp (comme moi) retrouverons le gout à notre série préférer :)
    Alors peu être mes désirs et attentes sont loin des votre mais le niveau temps technique que graphique (ainsi que la profondeur du jeu) on prit un sacrée coup de boost des plus appréciable

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