Hawken : mech plus ultra

Niveau filtres dégueu, Hawken se pose là…

Niveau filtres dégueu, Hawken se pose là…

Entre MechWarrior Online et Hawken, les amateurs de beaux mech ont de quoi frétiller d’aise après des années à tirer la langue.

Le premier, en bon MechWarrior qu’il est, se veut une simulation fidèle de mech. On pourrait d’ailleurs se poser au passage la question du niveau de fidélité que l’on est en droit d’attendre d’une simulation qui simule un truc qui n’existe pas. Nous aborderons peut-être ce débat passionnant une prochaine fois (ce sera un mardi, sans doute) car Hawken lorgne du coté de l’arcade, et je m’en félicite. Si World of Tank est un Counter Strike avec des Tanks, Hawken est un World of Tanks avec des mecha : même facilité de prise en main, mêmes modes de jeu, et même système économique basé sur l’achat de peintures de guerre et de multiplicateurs d’expérience et de crédits.

Vidange faite, articulations graissées, et moteur allumé, ma machine fait un premier pas, un autre, puis les enchaîne de plus en plus vite. Les mouvements brinquebalants de la carlingue ont une bonne grosse inertie qui suggère que l’on n’est pas là pour danser le menuet… et pourtant. Une pression sur la touche espace, et mes fusées me propulsent à plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Les autres mechas qui m’accompagnent virevoltent dans tous les sens. C’est beau. On se croirait dans le Lac des Cygnes réarrangé par Beth Ditto sur une musique expérimentale de Pierre Boulez (qu’est ce que je me la pète niveau référence depuis que Lol n’est plus là). Toute l’astuce de Hawken réside dans cette espèce de schizophrénie : nous pilotons des tas de boulon peu maniables, mais tant qu’il reste du fuel dans le réservoir, il est possible de dasher dans tous les sens pour éviter les tirs. La technique classique consiste à forcer l’adversaire à brûler ses réserves sur des coups de bluffs avant de le dégommer d’un coup de missile. Enfin ça, c’est quand tout se passe bien, mais pour nous pauvres Français solitaires loin de tout serveur potable, cela ne va pas se faire sans une déconnexion sauvage de temps à autre.

Le mech de base, plus proche du trans-palette que de la machine de guerre. A moins de mettre la main à la poche, il va falloir s'en contenter.

Le mech de base, plus proche du trans-palette que de la machine de guerre. A moins de mettre la main à la poche, il va falloir s’en contenter.

Choisir la forme générale de votre machine relève pour les développeurs de la plus futile des coquetteries. Changer le moindre boulon de l’ignoble modèle de base est donc payant. En contrepartie, les caractéristiques de votre bestiau ne dépendent ni du châssis, ni des tuyères, ni de l’habitacle, ni des bras ou des jambes, mais des armes et des équipements qui eux peuvent se gagner à la force de la souris. Grossièrement, on a le choix entre des mines, des radars, des bombe EMP, et leurs contre mesures respectives. Ces options sont pour le moment peu nombreuses mais, a cœur vaillant rien d’impossible, elles sont déjà en vente via l’item shop, et la quantités de crédits à rassembler est telle qu’il faut plusieurs dizaines de parties pour débloquer un seul équipement.

Entre joueurs expérimentés, les combats sont de vrais duels d’adresse et d’esquives. On s’éloigne du sujet là.

Entre joueurs expérimentés, les combats sont de vrais duels d’adresse et d’esquives. On s’éloigne du sujet là.

Les combats s’apparentent du coup en partie à des parties de poker et sont fort plaisantes, mais à la longue on se demande si cela avait un quelconque intérêt de ne pas se les farcir à pied. Les mécaniques et les techniques mises en places ne diffèrent guère d’un fast FPS classique. Les mechs peuvent avoir différents aspects, mais au final, c’est l’équipement et non la machine qui fait la fonction. Les modes de jeu sont classiques au possible : des variantes des inépuisables captures de drapeau et autre matchs à mort en équipe. Les décors sont supposés nous renvoyer l’image de notre propre gigantisme, mais à force de ne côtoyer que des monstres de notre calibre, cette impression s’estompe vite. Hawken ne s’adresse définitivement pas à ceux qui cherchent un jeu de mecha à l’occidentale, mais plutôt à des joueurs qui souhaite un FPS qui soit original, au moins d’un point de vue formel. Ceux qui aiment les mechs bien virils seraient plus avisés de se tourner vers MechWarrior Online.

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Savonfou

Savonfou

Ayant beaucoup pleuré la mort du magazine, Savonfou s'embarque pour l'aventure ZQSD pour deux raisons. La première étant qu'il faut au moins un Parisien au milieu de ce ramassis de bouseux illettrés. Quant à la deuxième, on ne va pas se mentir : gratter des articles sur le jeu vidéo, c'est comme donner des coups de chaise de bar à Walou : on a beau dire au juge qu'on ne recommencera pas, on sait très bien qu'on reviendra y mettre un p'tit coup.

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Un commentaire

  1. Je n’ai pas encore essayé l’open beta, mais j’ai pu passer quelques heures sur l’alpha que j’attendais avec un peu d’impatience et… j’ai été plutôt déçu. Ou disons mitigé mais j’avais placé ma barre d’espérance plus haut que ce mix entre Shogo MAD et Mechwarrior.
    Je n’ai pas retrouvé la richesse que j’apprécie dans World of Tanks et j’ai trouvé l’action beaucoup trop fouillie… (rha ce contre granuleux!)
    Faudra que je voie si la beta y change qqch

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