Homeland : la mère patrie a la gueule de bois

Homeland3

Me voilà bien emmerdé. Je me suis en effet mis en tête de vous parler d’une série bourrée de rebondissements et de révélations, sans spoiler quoi que ce soit de l’intrigue… c’est un peu comme demander à Savonfou de relire ses textes : une tâche rude, certes, mais pas non plus impossible. Car oui, ce papier s’adresse à ceux que ne connaissent pas Homeland. Les autres, vous pouvez retourner mourir sous la foule d’acheteurs qui envahit actuellement toutes les FNAC de France, je ne vous en voudrais pas.

Homeland pourrait se résumer en quelques mots : un thriller politique, une intrigue d’espionnage, une histoire de paranoïa, un drame psychologique et familiale, de multiples et magnifiques histoires d’amour et surtout, oui surtout, un pavé dans la mare qui pose enfin la vraie question : peut on faire confiance à un roux ? Voilà, Homeland, c’est à peut près tout ça, subtilement dosé pour un résultat qui m’a retourné le cerveau à chaque épisode.

Homeland2

Puisqu’il faut en passer par là, pitchons la chose : Nicholas Brody est un marine retrouvé vivant après huit ans de captivité en Irak. De retour au pays, il est accueilli en héros, en exemple pour la jeunesse et est bien parti pour devenir une plaquette publicitaire pour l’US Army. Sauf que, du côté de la CIA, une femme doute de lui : Carrie Mathison. Brillante spécialiste du Moyen-Orient, elle sait de source sûre qu’un soldat américain a rejoint les rangs d’Al-Qaïda et prépare un attentat contre le pays. Ses soupçons se portent immédiatement sur Brody (il est roux, rappelons-le). Va alors commencer une jeu du chat et de la souris entre les deux, des plus passionnants.

Expliqué comme ça, Homeland aurait l’air d’un vulgaire « 24 » où Bauer est remplacé par la magnifique Claire Danes, qui emporte ici le plus beau rôle de sa carrière. Sauf que, comme dit plus haut, Homeland est bien plus qu’une simple série à cliffhanger. Elle emprunte des chemins différents tous les trois épisodes et parvient constamment à nous surprendre en nous emmenant là où on ne l’attendait pas. Au lieu de simplement dérouler le tapis de l’Amérique contre le terrorisme, elle se joue des clichés, analyse un pays qui ne s’est jamais remis du 11 septembre, flirte avec notre propre paranoïa et se dote de multiples couches brillamment écrites. La saison 1 est ainsi un modèle de cohérence et j’ai été vraiment scotché par la façon dont elle va au bout de son propos, sans prendre de gants.

Homeland1

Après un final d’une grande puissance émotionnelle, j’attendais la saison 2 avec un mélange d’excitation et de crainte, l’exercice de la suite étant toujours délicat, surtout à la TV. Et, encore une fois, j’ai été de surprise en surprise. La série prend un virage passionnant, peut-être moins corrosif, mais lorgne un peu plus vers l’espionnage et dépeint la CIA avec un réalisme qui fait froid dans le dos. Il y a bien quelques sous-intrigues qui font office de remplissage un peu vain et de minuscules fautes de goût (vers la fin, notamment), mais, globalement, ça reste du très haut niveau. Fidèle à l’esprit insufflé dans la première saison, les scénaristes parviennent à brouiller les pistes et nous faire douter d’une vérité que l’on pensait établie depuis bien longtemps. Le final restant un modèle du genre, et annonce une troisième saison juste monstrueuse.

Et devant le générique du dernier épisode, je me suis fait cette réflexion : finalement, tous les actes commis par les protagonistes de Homeland ne répondent qu’à une seule impulsion, un seul sentiment : l’amour. L’amour d’un père pour son fils, l’amour interdit entre deux personnes que tout oppose, l’amour d’un homme pour son pays. Un amour qui peut basculer vers la haine à tout moment, et détruire un cœur aussi vite qu’il l’a construit. Oui, même le cœur d’un roux.

Appelez moi le responsable

Jika

Jika

La légende dit que le Jika fut invoqué pour permettre aux habitants d'un village normand du XIIIè siècle de retrouver leur fécondité perdue. Certains pensent connaître la vérité derrière la légende de celui que l'on nomme parfois Chibre Optique ou le Python de Maisons Alfort, mais peu savent vraiment. En attendant une révélation, le mythe perdure.

Visit Website

5 commentaires

  1. Madaproject 26/12/2012 Répondre

    À la sortie de l ecoute de l apéro du captain web en différé je me précipite sur le blog nomme , ben c un peu bizarre mais je pense se que j y retournerais pour voir ce que ça donne puisque c est tout neuf neuf pour le moment
    Concernant homeland faudrait faire attention étant un fan de la série il y a beaucoup de moment dévoile qui empêchera de passer vu qu elle sont dévoilé dans le pitchpin ci dessus c est pas vraiment des spoliée mais une série rempli de rebondissement comme homeland doit juste être découverte tout simplement

    • Quel rapport entre l’Apéro du captain et zqsd ? Et honnêtement, en tant qu’auditeur de l’apéro, ta syntaxe me fait un peu honte (et elle dessert ton propos, je n’ai quasiment rien compris à la deuxième partie de ton post).

      Concernant Homeland, j’ai bien envie d’essayer de m’y mettre, mais j’attends que plus de saisons soient terminées (pour pouvoir tout engouffrer d’un coup en quelques jours comme un goret).

      • Jika Author

        Y’a pas vraiment de rapport entre zqsd et l’ADC, on est juste potes et un bout de l’équipe est déjà venue deux fois dans l’émission.

        • Ah mais oui, c’est vrai, au temps pour moi. Très bonne émission d’ailleurs (la dernière, je veux dire).

  2. Un gars que j’ai énormément apprécié dans Frères d’armes. « Capitaine Dick Winters ». Je vais zieuter ça. :)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*