Luigi’s Mansion 2 : Manoir (désenc)hanté

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Me balancer des artworks de folie pour finalement me vendre un jeu en 400×240… Un scandale !

Dans l’ombre de son frère, Luigi aurait pu mener une vie paisible. Chevalier blanc en salopette verte, toujours prompt à essuyer ses godasses sur le visage de ses mortels ennemis les champignons, on l’aurait vu grimpant d’obscurs donjons délabrés, pour sauver ces princesses oubliées, qui n’ont pour seuls trésors que leur virginité et leur petite moustache… Mais non. Môssieur voulait un manoir…

En 2002, quand se lance une Nintendo GameCube aux design et performances contestés, qui envoie-t-on au charbon pour jouer les fillettes effarouchées et se couvrir de ridicule ? Pas l’étincelant Mario, mais son sidekick zéro-courage, Luigi. Ainsi sort Luigi’s Mansion, jeu d’aventure rigolo que le monde tient pour un Resident Evil guimauve à la sauce cartoon. Son scénar tient sur un ticket de métro : Luigi a gagné un manoir, manque de bol… il est hanté.

Une fois le seuil franchi, pas de retour possible. Aspirateur au poing, Luigi déambule dans cette saloperie de manoir qu’à la fin vous connaissiez sur le bout des doigts, pour y avoir fait vingt mille allers-retours bien lourdingues. C’était le gros défaut du jeu et pourtant, c’est ce qui m’a séduit. J’aimais fouiller, tourner en rond et entendre Luigi-la-flippe fredonner le thème musical de sa propre aventure. L’aspect un peu foutraque des énigmes et ce petit rien d’exploration, participait énormément à l’ambiance réussie de ce Luigi’s Mansion.

Hélas ! Mille trois cent cinquante huit fois hélas ! Tout ça a disparu pour laisser place à un jeu plus dirigiste, plus morcelé et plus propret… Après onze ans d’attente, il n’aura pas fallu deux minutes à Luigi’s Mansion 2 pour me faire déchanter. Premier constat : le Professeur K. Tastroff a mangé du Savonfou au petit déj’ et ne s’arrête plus de causer. Impossible de zoner deux minutes sans que ce gros stakhanoviste de l’éradication ectoplasmique ne vienne vous dire où aller, comme s’il vous accusait de lambiner. Mais passons sur l’aspect bavard du soft… Ce qui me gêne, c’est que tout a l’air petit dans ce jeu.

Le labyrinthique manoir de Luigi’s Mansion fait ici place à cinq petits mondes, certes inspirés, mais tout étriqués. Pourtant là encore, Mr Nintendo-le-sympa a dû craindre que je ne me perde avec mon QI d’ampoule basse consommation. Alors, chacun de ces mondes déjà pas gigantesques a été divisé en micro-quêtes de dix minutes. Un objectif clair, un guide hystérique, un chemin unique et une carte pleine de points d’exclamations… Vous arrivez encore à vous paumer ? Félicitations ! Vous gagnez un chien et une canne blanche.

Résolution 3DS oblige, en screen le jeu parait assez moche. Il ne l'est pas.

Résolution 3DS oblige, en screen le jeu parait assez moche. Il ne l’est pas.

Sarcasmes mis à part : Luigi’s Mansion 2 m’a amusé, mais moins qu’il ne m’a déçu. Oh ce n’est pas un mauvais jeu ; très loin de là. Insolent, il se paie le luxe d’être drôle, joli et plutôt malin. Techniquement, il est même tout ce qu’il y a de réussi, et son gameplay s’est enrichi de nombreuses bonnes idées.

Mais alors, me diriez-vous si vous aviez la parole, s’il est si bien ce jeu, pourquoi râles-tu maudit hippie ? La vérité c’est que je râle par caprice. Ce Luigi’s Mansion 2, j’aurai voulu y jouer dans le noir sur cette WiiU que je n’ai pas. Sur un grand écran que je n’ai pas non plus. Voyez-vous, j’ai cette faiblesse de penser que pour une histoire de fantômes, l’ambiance est importante. Or là… elle boîte un peu l’ambiance.

Un artwork, ça rend mieux que des captures 3DS agrandies à la barbare.

Le mode multijoueur parait sympa, mais n’ayant pas d’ami pour vérifier, je me tais.

La structure de LM2, qui alterne quêtes, niveaux et enfin tableaux de score, fait que l’on est tiré de l’aventure toutes les dix minutes… L’immersion en prend un grand coup dans la gueule. Alors certes, ce fractionnement se prête bien au nomadisme de la 3DS, mais ça ne l’empêche pas de nuire à un jeu qui, en plus, aurait nécessité un second joystick analogique. En un mot : ce jeu est bon, mais j’en attendais plus. Donc au bout d’un moment je pose la question : pourquoi l’avoir sorti sur 3DS et pas sur WiiU ? Hein ? Parce que personne n’a de WiiU ? Oh…

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Lucky fut son nom de baptême joystickien jusqu’à ce que Dame Chance ne le foute sur le trottoir par caprice. Depuis revenu à l’état sauvage, le Hoopy arpente l’internet et les bars dans l’attente de ce jour pas si lointain où, enfin, les boeufs guerriers prendront le contrôle de la planète.

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3 commentaires

  1. Entièrement d’accord.
    Et c’était déjà le cas dans RE : Revelations avec une aventure morcelée… même si comme l’auteur le dit, ça s’adapte bien à une console portable.

    Par contre, pas d’accord pour le second stick analogique (la caméra fixe est impeccable). Le titre s’en sort très bien sans lui. Et j’ajouterais même qu’il démontre que la 3DS n’en a pas forcément besoin lorsqu’un titre est suffisamment bien pensé.

    • Hoopy Author

      C’est vrai que le second stick n’est pas nécessaire. Mais quand même, l’aspirateur qui bouge en même temps que le joueur oriente sa DS, c’est une foutue idée. Dans le métro, ça me rendait dingue.

  2. AFK mais Jean-Golin est trop choux, il a une bonne tete la, s’il vomit pas et mange des croquettes pour chat je veux bien m’en occuper un peu.

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