Skyrim – Dragonborn : rendez-vous en terre inconnue

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Jusqu’à l’année dernière, j’avais une conception très arrêtée du RPG. Pour moi, ça ne pouvait être que dans un style japonais, avec une histoire écrite dans ses moindres détails, des personnages bien marqués et une accumulation de dialogues et de cut-scenes. Malgré tous ses défauts, un Final Fantasy X était par exemple à mes yeux la quintessence du genre, aussi bien dans la narration que dans le système de jeu. Du tour par tour qui va bien, une équipe de personnages complémentaires et une aventure bien balisée, dirigiste et ne laissant que très peu de place à l’exploration libre, c’était ça un RPG. Et puis j’ai découvert Skyrim. Typiquement le jeu qui allait à l’encontre de tous mes préceptes arbitraires mais qui est vite parvenu à me faire coming-outer. Oui, j’ai adoré me balader en Bordeciel, pour le simple plaisir de découvrir un nouveau monde, de fouiner dans chaque donjon, chaque grotte et chaque tertre. Très vite, je m’en suis cogné de l’histoire. Les dialogues, j’ai fini par les zapper et par oublier les objectifs en cours. C’est assez dingue à quel point Skyrim a totalement bouleversé mes a priori et m’a appris à envisager certains jeux autrement. Je ne pense par exemple pas que je me serais autant éclaté devant Borderlands 2 s’il n’y avait pas eu Skyrim quelques mois auparavant. Tout simplement parce que je n’étais pas prêt à m’immerger dans un jeu où l’histoire est à écrire soi-même et où l’on peut se détourner des sentiers battus pour le plaisir primaire de découvrir un univers. Tout ça pour dire que j’ai joué à Skyrim pendant deux bons mois non-stop, à raison de plusieurs heures par jour. J’ai retourné Bordeciel dans tous les sens, découvrant chaque lieu, menant chaque quête et ne quittant jamais un donjon avant que le petit mot « accompli » n’apparaisse sur la map. Plus tard, j’ai replongé avec plaisir dans le jeu lorsque le premier DLC a vu le jour. Le plaisir était intact, même si l’intensité des premières heures s’était estompée. Je revisitais mais ne découvrais plus rien. Pour moi, mon expérience avec Skyrim était terminée. J’en avais fait le tour et n’avait plus de raison fondamentale pour m’y remettre franchement. Et c’est là que le DLC Dragonborn est arrivé.

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Ça se passe sur Solstheim. D’après ce que j’ai lu, c’est une île rattachée à la province de Morrowind mais qui est surtout peuplée de Nordiques. Bon, je vous dis ça après avoir lu le wiki des Elder Scrolls. Si ça se trouve, c’est du bullshit et je me vautre dedans comme un marcassin. Mais bon… Toujours est-il que j’ai découvert ce nouveau bled avec un grand plaisir. Une région totalement nouvelle pour moi, où j’ai vite retrouvé mes marques tout en renouant avec la joie toute simple de me perdre totalement. Avant même de mener une quête, j’ai visité Solstheim de fond en comble. J’ai erré en mettant le cap plein nord depuis la ville portuaire. Je suis tombé sur un temple, j’ai croisé une sorte de phacochère fâché avant de tomber sur plusieurs grottes. Il y a eu un lac aussi, avec toute une famille de Spriggans que j’ai dû incendier, la mort dans l’âme. Plus loin, j’ai découvert un petit hameau construit dans des champignons géants. C’était ravissant. Encore plus loin, j’ai fait une rencontre fantastique. Des créatures bizarres, comme des méduses flottantes, se promenaient en groupe sur la plage. Et à deux pas de là, j’ai posé mes yeux sur Poussière, une bestiole avec de longues pattes qui m’a rappelé la très grande bête qu’on voit à la fin du film The Mist. C’est idiot mais j’ai franchement pris un pied terrible pendant ces deux ou trois heures où je n’ai strictement rien fait sinon m’approprier ce monde qui m’était étranger. Tuer des monstres de cendres, faire la causette avec un sorcier (qui s’est foutu de ma gueule quand je lui ai dis que j’étais Archimage de Fortdhiver, j’ai pas compris), apprendre de nouveaux cris… Tout ça, c’était génial. Mais j’en attendais encore plus. Je voulais que Skyrim me surprenne encore, comme ça avait été le cas avec certaines quêtes daedriques ou avec la virée dans la Griffenoire. Et c’est là que j’ai été absorbé en Apocrypha, une dimension mystico-littéraire où vit le Prince Daedra Hermaeus Mora. Artistiquement, ce lieu est sans doute la chose la plus audacieuse et surprenante que Skyrim ait proposé. Il y a des conglomérats gigantesques à base de bouquins empilés, des ennemis bien chelou et plein de mécanismes bizarres à activer. Sans parler de ces tentacules qui sortent des eaux sombres et qui me font dire qu’Apocrypha constitue une référence savoureuse, à défaut d’être subtile, à l’imaginaire lovecraftien. Et rien que pour ça, j’y ai passé un long moment, à regarder chaque pan du décor et à me laisser massacrer par les ennemis juste pour avoir le loisir de les observer de près. Après quoi, j’ai terminé la quête principale du DLC, visité les dernières grottes qui avaient échappé à ma Khajiit chevronnée et j’ai fini par quitter le jeu. Maintenant, j’attends mon prochain voyage. Les gens de Bethesda, c’est quand vous voulez.

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Deez

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Comme Jules Ferry ou Laurent Mariotte avant lui, le Deez est né dans les Vosges. Il a ensuite migré vers Paris pour y fabriquer son nid, à base de vieux magazines de jeux vidéo et de miettes de chips. « Pervers mais sympa » selon ses proches, le Deez aime avant tout le sport (à la télé), la tartiflette et le cinéma de Tarantino.

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4 commentaires

  1. Franchement ce DLC a l’air sympa (pour une fois). L’idée simple de retourner près de Morrowind ça me tente bien. Après reste la question de l’acquisition du bidule. Est-ce qu’il faut le prendre maintenant, est-ce qu’il vont faire un bundle, est-ce qu’il y aura d’autres dlc, est-ce que je suis une vache à lait ? Tant de questions qui restent en suspens dans une atmosphère éthérée …

  2. LordKrlhz 21/12/2012 Répondre

    Vingt euroballes aussi, comme l’autre ? Parce qu’à ce prix là, on en est déjà à 40€ de plus, soit plus cher que le jeu original à sa sortie chez un bon revendeur de clef Steam. C’est pas un peu trop pour des jeux qui ne sont pas, à proprement parler, des « add-on » ?

  3. Et dire que j’ai arpenté pendant 300H bordeciel et… je n’ai pas fini, oh non… j’ai encore une tonne de choses à faire !

    J’avais peur que Dregonborn soit une nouvelle zone, mais sans grand chose à faire. La sortie rapprochée des DLC n’était pas pour me rassurer.

    Mais là c’est bon, merci Joyst…. zqsd !

    • Il est enfin sorti sur PS3… Je m’amuse comme un petit fou…

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